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En août 1939 le régiment est au camp de Mourmelon. Il
rejoint précipitamment ses garnisons et dans la nuit même de son retour
( nuit du 22 au 23 août ) il met sur pied son échelon " A ".
Le 27 août le régiment est dans la région de Valenciennes. Nous faisions
partie de la 1ère D.I.M. (Division d'Infanterie Motorisée). Ceux qui
liront ce sigle croiront que nous sommes transportés sur des véhicules
à chenille ; comme ils voient actuellement à la télévision. La 1ère
DIM a reçu à la mobilisation des camions ou camionnettes civiles qui
ont été peints en camouflage à la réception.
Le 110è RI est transporté sur des autobus parisiens de l'époque avec
plate-forme arrière. Cela est très important de le savoir. Le 110è RI
en septembre 1939 sera vers Vitry le François, en octobre dans la région
de Sezanne puis en novembre dans la région de Noyon (le Plessis Cacheleux
est le cantonnement de la 11è Cie).
Le 10 mai sous les ordres du colonel Derache, le 110è RI fait mouvement
vers la Belgique et prend position sur la Dyle
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COMBATS DE GEMBLOUX
Nous sommes partis transportés par les autobus parisiens
qui nous étaient affectés. A 15 Km des positions à occuper et en pleine
nuit, nous avons débarqué des autobus le matériel et, à pied, nous avons
gagné les premières lignes (11è Cie à Perbais) ; secteur de Gembloux.
Plus jamais nous n'avons revu les autobus parisiens.
Le 15 mai vers huit heures les chars légers allemands viennent prendre
le contact de la position. Les canons de 25 de la compagnie anti-chars
en détruisent plusieurs. Presque aussitôt l'infanterie allemande débarque
en camions à proximité des lignes et, soutenus par les Stukas, attaque
nos lignes. Vers 16 heures le même jour l'ennemi attaque de nouveau,
avec des chars et appui de l'artillerie et de l'aviation, à la jonction
du 110è RI et de la Division Marocaine. L'ennemi réussit à s'infiltrer
entre les deux unités et prend le 110è RI à revers. Le chef de bataillon
Chuillet, commandant du 1er Bataillon tombe héroïquement alors que debout
sous le feu de l'ennemi, il remet de l'ordre dans les unités.
Le régiment qui n'a pas cessé de combattre depuis le 15 mai et qui a
le plus souffert de la Division est relevé dans la nuit de 22 au 23
mai par des éléments du 1er et 43è RI. Il passe intact le terrain malgré
les bombardements intenses. La soierie d'Ordonnez où nous étions formait
un môle solide. N'ayant virtuellement pas dormi depuis la nuit
du 10 au 11, les hommes épuisés apprirent avec joie le 23 au soir qu'ils
allaient être relevés. Cette nouvelle arrive alors que la cheminée de
l'usine s'effondrait sous les bombardements de 105. La relève eu lieu
le 24 à 1 heure 15m le 24 à 23 heures rassemblement pour reprendre les
positions que nous avions quittées et qui avaient été entamées par les
allemands.
Les reconnaissances partirent. Je revois encore le sous lieutenant Callot
regardant sa carte : il partit avec deux hommes. Quelques instants plus
tard un des hommes revenait nous disant que le sous lieutenant Callot
avait été tué. Avec l'adjudant et quelques hommes nous reprenions la
reconnaissance. Mais arrivés à l'orée de la forêt nous sommes pris sous
les tirs de l'adversaire. Un homme à ma gauche reçoit une balle à l'épaule
et un autre à droite une balle à la cuisse. Nous nous replions.
Je me rappelle que dans la forêt de Raimes nous avons reçu du ravitaillement,
des haricots dans des casseroles en émail rouge. Deux jours plus tard
je mangeais encore des haricots qui étant restés sous une pluie diluvienne
n'étaient pas en très bon état.
Le 26 vers 21 heures ordre de repli par marche forcée vers Saint Amand,
Fretin, Godewarsvelde. Un certain nombre dont j'étais embarquèrent en
camion. En traversant Lille je me repérais ; nous sommes passés par
Canteleu ; j'ai aperçu l'avenue de Bretagne où habitaient mes parents.
Nous partîment vers Armentières. De bonne heure au matin nous étions
sur le Mont des Cats quand les bombardiers ont attaqué. Nous sommes
descendus en vitesse des camions pour nous planquer. Quand l'alerte
fut terminée, les camions n'étaient plus là et nous étions à nouveau
à pied. Godewarsvelde avait été bombardé ; la route vers le sud était
coupée et les troupes remontaient vers le Mont des Cats.
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